Un voyage d'espoir : de la pétition au siège du pouvoir

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Un voyage d'espoir : de la pétition au siège du pouvoir

Lorsqu'une pétition est envoyée au Parlement européen, cela signifie que le pétitionnaire est conscient d'une injustice, d'une violation des règlements de l'UE ou d'un danger caché, que personne ni aucune autorité n'est prête à corriger mais sur lequel il ferme les yeux.

Le problème peut être petit ou grand, et provenir de n'importe qui ou de n'importe quelle organisation. Il marque aussi le début d'un long chemin d'espoir.

En 2017, l'Association des propriétaires Pro Monte Pego (PMP), pour l'Urbanisation de Monte Pego sur la Costa Blanca, a envoyé sa pétition concernant la pollution provenant de sa station d'épuration.

Un voyage d'espoir : de la pétition au siège du pouvoir

Un problème apparemment simple à corriger, mais 16 années de négligence volontaire de la part de la mairie de Pego allaient forcément causer des problèmes.

Face à la pollution croissante d'année en année, la mairie refusant d'agir et préférant payer de lourdes amendes plutôt que de résoudre le problème, a pris l'initiative audacieuse de lancer une pétition pour une raison essentielle : la pollution, comparable à des eaux usées brutes, se déverse directement dans le parc naturel de Marjal et ses rizières, une zone protégée de l'UE d'une grande beauté et d'une grande diversité.

Lorsque la requête fut acceptée pour enquête, l'espoir renaît pour le PMP et la collecte de preuves commence. Six mois plus tard, l'invitation à assister au Parlement arrive à la grande joie ; le voyage approche.

Les membres du PMP se sont rendus à Bruxelles pour l'audition du 8 octobre, à la commission des pétitions, dans l'imposant et intimidant bâtiment du Parlement. La séance, retransmise en direct sur Internet et avec traduction, a ajouté à la tension.

Autorisé à une introduction de 5 minutes, le président du PMP a exposé l'affaire et les preuves.

D'autres intervenants ont ensuite été invités, le premier étant le représentant espagnol de la Commission européenne. Sa contribution était contradictoire, confuse et ouvertement négative.

Deux députés européens se sont toutefois prononcés avec force en faveur du PMP, préoccupés par le parc naturel que l'UE devrait protéger.

Mais le discours de clôture du président du PMP a également été déterminant pour convaincre le comité. Il a réitéré avec passion les preuves évidentes indiquant que le parc était affecté et que l'inaction n'était pas envisageable.

Le comité a décidé de maintenir la pétition ouverte et d’enquêter davantage sur les autorités impliquées.

Le voyage n'est peut-être pas encore terminé, mais la pression monte sur les autorités, et la vérité éclatera. Les faits ont été prouvés au siège du pouvoir.

Anton Lesst.