Un ancien policier de Torrevieja réclame 39 450 € d'indemnités après avoir été licencié pour avoir refusé de porter une arme à feu pour des raisons religieuses, ont confirmé les autorités. Ce policier, Témoin de Jéhovah, a invoqué l'objection de conscience lors d'une formation obligatoire au maniement des armes à feu dispensée par l'Institut valencien de sécurité publique et de gestion des urgences (IVASPE), dans le cadre du processus de titularisation des agents temporaires.
Officier intérimaire à Torrevieja depuis 2003, il a validé tous les autres modules de la formation requise pour obtenir son statut permanent. Cependant, il a refusé de participer aux cours théoriques de maniement des armes à feu et aux exercices de tir réel, pourtant obligatoires pour tous les candidats.
L'IVASPE lui aurait offert une seconde chance de terminer la formation, mais l'officier a refusé de s'inscrire. Ce refus a finalement entraîné la perte de son poste dans la fonction publique, tandis que 43 de ses collègues contractuels ont obtenu des postes permanents.
Le conseiller à la sécurité citoyenne Federico Alarcón a confirmé la plainte, notant qu'en vertu de la loi 20/2021, le personnel temporaire qui ne parvient pas à obtenir un poste permanent par le biais de procédures de stabilisation peut avoir droit à une compensation financière, calculée à 20 jours de salaire par année de service.
La loi vise à protéger les travailleurs intérimaires dans toute l'Espagne, mais il n'est pas clair si le cas de cet agent remplit les conditions nécessaires au versement de l'indemnité, étant donné qu'il a accompli toutes les autres étapes de la procédure.
Les Témoins de Jéhovah interdisent l'usage et le port d'armes à feu et ne participent pas au service militaire, conformément à leur interprétation des passages bibliques. L'IVASPE aurait tenté d'adapter certains aspects de la formation de l'agent, notamment les modules sur les tactiques policières, mais la formation au maniement des armes à feu est restée obligatoire.
Cette affaire met en lumière une tension entre la liberté religieuse et les exigences légales de la fonction publique. En Espagne, des centaines d'agents temporaires exercent depuis longtemps des fonctions de police sans arme à feu, mais le statut de fonctionnaire titulaire requiert la réussite de toute la formation, y compris le maniement des armes.
Le recours, déposé devant le tribunal administratif d'Elche, permettra de déterminer dans quelle mesure l'objection de conscience peut être prise en compte dans le cadre du processus de stabilisation de la fonction publique.












