Elon Musk, propriétaire de la plateforme de médias sociaux X, a lancé une attaque publique contre le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, le qualifiant de « tyran et de traître au peuple espagnol » suite à l'annonce par le gouvernement de nouvelles mesures visant à réglementer les médias sociaux et à protéger les mineurs en ligne.

Musk a réagi à une publication de Sánchez présentant cinq initiatives visant à limiter les effets néfastes des réseaux sociaux sur les jeunes. Le milliardaire a republié le message sur X, en y ajoutant une insulte en anglais accompagnée d'un émoji désobligeant.

Ces déclarations interviennent alors que M. Sánchez a annoncé une vaste initiative législative visant à renforcer le contrôle des principales plateformes numériques. S'exprimant depuis Dubaï, le Premier ministre a indiqué que le gouvernement introduirait de nouvelles mesures législatives et réglementaires dès la semaine prochaine, notamment l'interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 16 ans et la mise en place de systèmes de vérification d'âge obligatoires sur les plateformes.

« Les réseaux sociaux sont devenus un État défaillant, où les lois sont bafouées et les comportements criminels tolérés », a déclaré Sánchez. Selon le cadre proposé, les dirigeants d'entreprises technologiques pourraient être tenus pénalement responsables si des contenus illégaux ou haineux ne sont pas supprimés.

Ces mesures s'inscrivent dans le cadre de la future loi sur la protection numérique des mineurs, qui vise à empêcher les enfants d'accéder à des contenus inappropriés tels que la pornographie et exige que tous les appareils numériques soient équipés d'outils de contrôle parental. Le projet de loi, approuvé par le Conseil des ministres en juin 2024, est actuellement en cours d'examen au Parlement et a récemment franchi l'étape des amendements.

Une fois entrée en vigueur, cette loi modifiera plusieurs dispositions législatives, notamment du Code pénal. Elle relèvera également de 14 à 16 ans l'âge minimum requis pour consentir au traitement des données personnelles, ce qui signifie que les mineurs devront obtenir l'autorisation de leurs parents ou de leur tuteur légal pour s'inscrire sur les réseaux sociaux.

La loi a été élaborée par le ministère de la Jeunesse et de l'Enfance en coordination avec d'autres ministères, notamment le cabinet du Premier ministre, le ministère de la Justice et le ministère de la Transformation numérique.