Ce refuge ! Ce havre de paix loin du tumulte et de l'agitation du monde extérieur, à l'abri de la vallée de Hondon. Ce magnifique quartier espagnol niché entre les montagnes, à moins d'une heure de route des plages dorées de la Costa Blanca.

Cette région, dont les origines remontent à l'époque romaine, conserve encore aujourd'hui des terrasses de pierre, certes abandonnées et envahies par la végétation à flanc de montagne, témoignant de cette période. Les petites cabanes de pierre disséminées dans le paysage révèlent une époque plus récente, où les hommes travaillaient dur dans les champs et où ces constructions leur offraient un lieu de repos.

Cette vallée, ce refuge loin de la folie du monde extérieur, est un lieu où le calme et la sérénité rythment le quotidien. On y croise des populations diverses, principalement originaires d'Europe du Nord, qui ont trouvé leur bonheur dans l'air pur des montagnes et s'y sont installés. Elles forment une communauté harmonieuse, dotée d'instances d'autogestion qui veillent au bon déroulement des événements.

Depuis leurs modestes débuts, les deux communautés de la vallée, chacune dotée d'une majestueuse église ancienne en son centre, furent construites et nommées par les frères dominicains il y a fort longtemps. Au son des cloches qui sonnent chaque heure, les environs entrent dans une ère nouvelle, parfaitement équipés pour accueillir tous ceux qui souhaitent y vivre ou y passer des vacances dans un cadre paisible.

Arrêtez!

Cette tranquillité est menacée par des spéculateurs qui souhaitent bouleverser la beauté du village ; au lieu des fleurs roses des amandiers qui fleurissent dans la vallée en janvier, il y aura des tours d'habitation. J'ai entendu dire qu'il y aurait jusqu'à mille cinq cents nouveaux logements.

Si ce projet est approuvé, cela signifiera deux, voire trois ans de nuisances sonores, dues aux engins de terrassement, aux tronçonneuses et aux marteaux qui viendront perturber la tranquillité de la vallée, accompagnées de nuages ​​de poussière provenant des travaux de construction qui pollueront l'air même que nous respirons.

Dans les rues du village, il y aura des engins de chantier qui circuleront en continu, déversant des fumées de diesel qui se déposeront entre les propriétés.

Lorsque le projet sera terminé et que toutes ces familles emménageront, chacune avec son propre moyen de transport, soit mille cinq cents personnes, cela représente mille cinq cents voitures qui encombreront les rues, polluant davantage l'air et alimentant ce bourdonnement constant que la circulation et des appareils comme la climatisation produisent dans les villes.

Se pose également la question des infrastructures. L'alimentation électrique est désormais fréquemment coupée ; y aura-t-il suffisamment de puissance pour ce nouveau complexe ?

Ce vaste complexe est vendu comme un lieu de villégiature, quel que soit le terme utilisé pour le rendre plus attrayant… ce ne sont que des appartements !

Nous vivons dans une communauté où il faut compter une semaine, voire plus, pour obtenir un rendez-vous chez le médecin. Avec cet afflux de nouveaux patients, comment cela va-t-il changer ? Ce ne sera certainement pas plus court.

Si ce projet est mis en œuvre, cet acte de vandalisme va altérer le charme et la tranquillité de la vallée de Hondon et des environs, tel un cancer qui se propage.

Une fois approuvées, d'autres parties de cette charmante vallée seront certainement dans le collimateur des promoteurs, et il est certain que nous ne tarderons pas à vivre au milieu d'un vaste chantier. Je pense notamment à La Marina, près de la côte, dont la construction s'étend depuis des décennies.

© Percy Chattey

Auteur Journaliste